Force est de constater que l’homme n’est pas un animal nocturne. Nous ne possédons aucune des adaptation que peuvent avoir certains mammifères pour voir et se déplacer dans la nuit : peu de cellules en bâtonnets dans la rétine, donc une mauvaise vision nocturne, un odorat modéré, et donc… une peur ancestrale de la nuit ! Une peur à laquelle l’homme a répondu par « l’invention » de l’éclairage artificiel pour s’offrir un milieu rassurant et permettre une activité prolongée au-delà de la tombée de la nuit. Avec l’augmentation du niveau de vie dans nos sociétés occidentales, l’éclairage artificiel a connu un essor mal maîtrisé : éclairage individuel et collectif de « confort » mais aussi éclairage publicitaire et de « mise en valeur » de monuments ou de sites naturels. Pour corriger cette évolution et préserver l’avenir, nous devons nous réconcilier avec la nature. La nuit est aussi le temps du repos, de la contemplation, du ressourcement. La nuit nous apporte le calme nécessaire après les journées trépidantes de notre vie moderne. Nous avons besoin du confort de la nuit. La gêne occasionnée par un éclairage extérieur trop fort diminue la qualité du sommeil. C’est un problème de santé publique mis en avant par les médecins. Prenons le temps de redécouvrir notre vision nocturne. Après quelques minutes, l’oeil s’habitue à la pénombre et nous découvrons la beauté du paysage nocturne. Les astronomes, gênés dans leurs observations par la diffusion de lumière dans le ciel nocturne, ont été parmi les premiers à tirer la sonnette d’alarme. Ils ont été rejoints par des associations de protection de l’environnement telle la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature, concernée par ce problème qui touche la consommation d’énergie et les écosystèmes. C’est ainsi que, tout naturellement, ce projet de brochure de sensibilisation à la pollution lumineuse a vu le jour, en collaboration avec l’Association Nationale pour la Protection du Ciel et de l’Environnement Nocturnes qui œuvre depuis 15 ans sur ces enjeux. Il ne s’agit pas de s’opposer à tout éclairage artificiel mais de promouvoir des modes d’éclairages doux et raisonnés dans le respect de l’environnement. L’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) a également contribué à cette brochure, car un éclairage excessif entraine un gaspillage d’énergie : éclairer juste c’est consommer moins mais c’est aussi polluer moins.