Des chiffres plus qu’inquiétants sur la disparition des insectes nous parviennent d’Allemagne : 75 % de diminution de la biomasse des insectes volants en 27 ans ! Les oiseaux des campagnes disparaissent à une vitesse vertigineuse. Deux études françaises publiées en 2018 démontrent que leurs populations se sont réduites d’un tiers en 15 ans. En Alsace ce n’est guère mieux. La diminution des populations d’oiseaux entre 1989 et 2016 est de 52 %. Or, ce pourcentage ne tient compte ni des effectifs réels d’oiseaux présents avant la destruction de 70 % des haies ni de l’effet des pesticides entre les années 1950 et 1989, date du début du programme de comptage (MNHN, STOC).
Aujourd’hui, tout le monde déplore la régression des pollinisateurs. Bien davantage que les abeilles domestiques, les pollinisateurs sauvages rendent des services inestimables à l’humanité en fertilisant les plantes qui nous nourrissent. Mais les autres invertébrés sont aussi indispensables : ils sont la base de la chaîne alimentaire et nécessaires à la fertilité des sols. Une faune naturelle diversifiée aux alentours des cultures contribue à la régulation de certains ravageurs. L’agriculture a besoin de ces auxiliaires, puisqu’elle doit sortir de sa dépendance aux pesticides.