Depuis les années 90, la montée en puissance des politiques de nature en ville s’est accompagnée d’un regain d’intérêt pour les toitures végétalisées. De multiples avantages écologiques sont généralement associés à la végétalisation des toits, qu’il s’agisse de l’accueil de la biodiversité, de la rétention d’eau, du stockage de carbone, mais ces bénéfices sont encore mal évalués dans la réalité. Afin de combler ces lacunes, et en continuité avec des travaux de recherche précédents sur le sujet, l'Agence régionale de la biodiversité en Île-de-France a engagé en 2017 l’étude GROOVES (pour Green ROOfs Verified Ecosystem Services), avec l’appui du Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), du Conservatoire botanique national du Bassin parisien (CBNPB), de l’Institut d’Écologie et des Sciences de l’Environnement IEES-Paris et de l’Institut National de Recherche pour l’agriculture, l’Alimentation et l’Environnement (INRAE- UMR Agroécologie Dijon). 36 toitures de typologies différentes (extensives, semi-intensives et intensives) ont fait l’objet d’analyses, via des inventaires des plantes et des invertébrés (dont les pollinisateurs), et des prélèvements de substrats, afin de mieux comprendre leur état et rôle écologique. Après 3 années d’étude, les premiers résultats viennent confirmer le rôle joué par les toitures végétalisées sur l’accueil de la biodiversité et la capacité à remplir des fonctions écologiques. Ils montrent aussi que ces bénéfices varient grandement entre les systèmes de végétalisation mis en place, ce qui permet de dégager quelques grandes tendances pour les concepteurs et les gestionnaires.