Les espaces verts urbains constituent des habitats importants pour la diversité des sols, des plantes et des pollinisateurs, et contribuent aux fonctions écosystémiques complémentaires qu'ils assurent. La plupart des études tendent à examiner les relations entre la diversité végétale et la diversité des sols ou des pollinisateurs. Or, établir ces relations à travers différents types d'habitats pourrait s'avérer crucial pour optimiser la fourniture de services écosystémiques grâce à des modes de gestion alternatifs (par exemple, des prairies urbaines en remplacement des pelouses ornementales). Dans cette étude, nous analysons les relations sol-plante-pollinisateur dans les prairies et les gazons urbains à travers diverses mesures de biodiversité (mésofaune et macrofaune du sol, plantes, invertébrés aériens et pollinisateurs) et de variables édaphiques. Nous avons constaté des effets significatifs du type d'habitat sur les nutriments disponibles (rapports C:N des plantes et du sol), mais les relations entre le type d'habitat et les indicateurs de diversité étaient moins nettes. Les interactions sol-plante-pollinisateur, observées à travers les différents types d'habitats et les sites, ont révélé une interconnexion : l'abondance des plantes à fleurs augmente parallèlement à celle de la macrofaune du sol. Les caractéristiques du site ayant un impact significatif sur les indicateurs de diversité végétale et invertébrée étaient les rapports C:N (plante et sol) et le pH du sol, suggérant un rôle potentiel de la disponibilité des nutriments sur les interactions sol-plante-pollinisateur. Nos résultats indiquent qu'une combinaison d'herbes courtes, d'herbes hautes et de fleurs semées peut être plus bénéfique pour les services écosystémiques du sol et de pollinisation, chaque type d'habitat étant avantageux pour différents taxons en raison de leur sensibilité variable aux pratiques de gestion. Par exemple, les pollinisateurs profitent des fleurs semées, mais la faune du sol est sensible aux semis annuels. Nos résultats montrent également que les fleurs semées n'optimisent pas nécessairement la biodiversité globale comme prévu, en raison des perturbations et de l'appauvrissement du sol en nutriments induit par les plantes à fleurs hautes. Des recherches futures menées sur un plus grand nombre de sites en milieu urbain permettraient de mieux comprendre le rôle potentiel de la disponibilité des nutriments dans la modulation des interactions sol-plante-pollinisateur au sein des espaces verts urbains.