Depuis 2022, PatriNat et Placo® sont associées dans un projet de recherche et développement sur les pollinisateurs sauvages, et plus particulièrement les abeilles sauvages. Ce groupe présente à la fois des enjeux de connaissance (des lacunes de connaissances ont été identifiées sur le territoire d’implantation des sites) et de conservation en Ile-de-France (espèces protégées et déterminantes de ZNIEFF).
Plusieurs actions ont été menées sur les anciennes carrières de la Butte de l’Aulnoye.
De par son activité, Placoplatre gère des carrières en exploitation, d’autres entièrement réaménagées ainsi que des réserves foncières pour de futurs projets. Ensemble, ces surfaces d’espaces naturels constituent de véritables réservoirs de biodiversité. Engagée depuis de nombreuses années dans une démarche de préservation de l’environnement, la société Placoplatre souhaite renforcer sa politique biodiversité en partenariat avec PatriNat (OFB - MNHN - CNRS - IRD). L’objectif général poursuivi par l’entreprise sur ses carrières, qu’elles soient en cours d’exploitation, réaménagées ou en projet, est d’organiser la connaissance des enjeux de biodiversité, de l’évaluer et de favoriser l’accueil de la biodiversité afin de permettre une meilleure intégration des sites sur leur territoire d’implantation.
Dans le cadre d’un partenariat de Recherche et d’Expertise, PatriNat et Placo® travaillent ensemble pour une meilleure prise en compte des abeilles sauvages dans la gestion des carrières réaménagées. Ce groupe présente à la fois des enjeux de connaissance (de fortes lacunes de connaissance sont identifiées sur le territoire régional et national) et des enjeux de conservation (espèces protégées et déterminantes de ZNIEFF en Île-de-France). Du fait de leur grande diversité spécifique et de leurs exigences écologiques variées, les abeilles sauvages sont de bons indicateurs de la qualité des milieux, et plus particulièrement des milieux ouverts et secs que l’on retrouve sur les anciennes carrières de la butte de l’Aulnoye.
Les travaux menés sur les carrières de l’Est parisien ont pour objectifs :
En 2023, PatriNat a réalisé un diagnostic des potentialités d’accueil des abeilles sauvages sur les espaces réaménagés des anciennes carrières de gypses. Ce diagnostic, largement inspiré du diagnostic pollinis’Actions d’Arthropologia, prend également en compte le contexte écologique des sites.
En 2024, PatriNat a mis en place un inventaire des abeilles sauvages sur les sites de Vaujours-Coubron et du Haut-Saint-Martin :
Ces inventaires ont été reconduits en 2025. Cependant, l’objectif et la méthode de collecte des données sur les abeilles sauvages ont été révisés d’une part au regard des résultats de l’année précédente, et d’autre part, des orientations du renouvellement de la convention. Les inventaires se sont concentrés sur trois stations : deux stations gérées par gyrobroyage afin d’évaluer les mesures de restauration (réouverture de prairies calcicoles) et une station pâturée pour évaluer le changement de modalités de pâturage sur cette pelouse calcicole, milieu présentant de forts enjeux de conservation pour les abeilles sauvages.
Le principe du transect fixe qui ne reflétait pas l’évolution de la disponibilité florale au sein de la station a été abandonné. A la place, les stations suivies ont été inventoriées dans leur ensemble avec un itinéraire permettant de relier les différentes ressources florales disponible au moment de l’inventaire. La double collecte par capture au filet et par la pose de coupelles colorées a été conservée. Au total, il y a eu 6 passages entre avril et septembre 2025.
Les conditions météo
Les conditions météorologiques de l’année 2024 ont perturbé le bon déroulement des sessions de terrain et il a été difficile de programmer des passages de 3 jours consécutifs réunissant les conditions propices à l’observation des abeilles sauvages. Même si ce paramètre n’est pas maitrisable, les résultats obtenus ont été fortement influencés par la météo.
La méthodologie d’inventaire
Le principe du transect linéaire fixe choisi initialement pour les inventaires n’est pas optimal au regard des objectifs du suivi et ne permet pas une détection optimale des espèces très mobiles comme les abeilles sauvages. C'est pour cette raison que la méthodologie a évolué entre 2024 et 2025.
La maitrise du pâturage
Un agriculteur local met ses moutons à paître sur certaines parcelles mais il a été compliqué d’avoir des données précises sur le nombre exact de bêtes, les dates d’arrivée/sortie de pâturage…
Bien que le contexte paysager des sites, partagé entre des espaces naturels à semi-naturels et des espaces urbains denses, soit moyennement favorable, ils présentaient un fort potentiel d’accueil grâce à la présence de ressources de nidification et florales nombreuses et variées, en lien avec la mosaïque d’habitats favorables résultant des actions de gestion mises en place depuis plus de 30 ans sur les carrières réaménagées. Même si les abeilles sauvages ne sont pas directement visées, ces actions contribuent indirectement au maintien de milieux qui leur sont favorables.
Ce constat est confirmé par les premiers résultats des inventaires mis en place depuis 2024 :
Les données récoltées montrent que les sites de Vaujours-Coubron et du Haut-Saint-Martin jouent un rôle important pour la conservation des abeilles sauvages sur leur territoire d’implantation, en particulier les espèces typiques des coteaux calcaires.
La liste des espèces inventoriées en 2024 a été transmise à l’Observatoire des Abeilles pour contribuer à l’élaboration de la Liste Rouge Nationale des abeilles sauvages. Ces données ont également été transmises à l’Office pour les insectes et leur environnement (OPIE) pour l’actualisation de la liste des espèces présentes en Île-de-France.
L’évaluation de l’effet des pratiques de gestion sur les milieux et les communautés d’abeilles sauvages, qui nécessite plusieurs années de suivi, est en cours.
Enfin, les passages réguliers pour les inventaires de terrains permettent également de sensibiliser le personnel des carrières sur les enjeux de conservation des pollinisateurs sauvages.
Espèce déterminante de ZNIEFF en Île-de-France
Espèce protégée en Île-de-France
Les principaux atouts de ce projet viennent des sites en eux-mêmes :
Avoir une bonne communication entre les différents acteurs ou intervenants de ce projet (bureau d’étude, agriculteur, …)