« Chez les plantes à fleurs (angiospermes et gymnospermes), la pollinisation constitue la phase du transport du pollen des organes de reproduction mâles vers le (ou les) organes de reproduction femelles et permet la reproduction sexuée. Ainsi, elle est une étape préalable à la fécondation dans le cycle de vie de ces plantes. On estime que près de 90 % des espèces d’angiospermes (les plantes à fleurs) sont pollinisées par l’intermédiaire des insectes (Peycru et al.,2010). Parmi ces insectes pollinisateurs, représentés par environ 20 000 espèces en France, seule l’abeille domestique est véritablement connue du grand public pour son rôle dans la pollinisation. En fait, le reste des pollinisateurs dits « sauvages » cache une formidable diversité d’espèces, principalement représentée par certains ordres d’insectes : hyménoptères (abeilles, bourdons, guêpes…), diptères (syrphes, mouches…), lépidoptères (papillons), coléoptères (scarabées, longicornes…). Cette diversité traduit aussi une complexité quant à leur étude et leur prise en compte pour les préserver (GRETIA, 2018). Les insectes pollinisateurs sauvages apportent un service écosystémique majeur. En effet, aujourd’hui, en Europe, on estime que près de 84 % des plantes cultivées et 80 % des espèces végétales doivent leur reproduction aux insectes pollinisateurs (Colin et al., 2012 ; Ollerton et al.,2011). En termes agronomiques, la production végétale française destinée à l’alimentation humaine attribuable à l’action des insectes pollinisateurs représentait en 2010 une valeur comprise entre 2,3 et 5,3 milliards d’euros soit 5,2 % et 12 % de la valeur totale de ces productions (Beyou et al.,2016). Cependant, de nombreuses publications témoignent aujourd’hui du déclin de ce groupe fonctionnel, en particulier des abeilles et des papillons (Biesmeijer et al., 2 006 ; Goulson et al., 2010 ; Rasmont et al., 1 988 ; Rasmont et al., 1 993 ; Thomas et al., 2 004 ; Van Swaay, et al., 2010). En effet, l’étendue du déclin des abeilles, des papillons et autres espèces de pollinisateurs est aujourd’hui a été mise en lumière dans un rapport publié par la plateforme intergouvernementale, science politique, sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES,2016) et est reconnue par de nombreux états. Ce rapport s’inspire largement des travaux et de l’expertise de l’UICN sur les listes rouges (Nieto et al., 2014 ; Van Swaay et al., 2010). » Jaulin S., Develay A.-M. & Schatz B. (coord.), 2021.