Les Atlas de la biodiversité communale (ABC) sont des outils pertinents pour mieux connaître, préserver, valoriser la biodiversité d’un territoire et l’intégrer dans les politiques locales. En France, plus de 5 000 communes sont déjà engagées dans cette démarche et soutenues par l’OFB.
Portés par des communes, des intercommunalités, des parcs naturels régionaux ou encore des syndicats mixtes, les ABC permettent à la fois de réaliser un diagnostic écologique du territoire, de mobiliser les acteurs locaux et de construire un plan d’actions adapté aux enjeux qui ont été identifiés.
Dans ce cadre, les pollinisateurs constituent une porte d’entrée particulièrement intéressante. Présents sur tous les milieux, sensibles à leur évolution et indispensables au fonctionnement des écosystèmes, ils permettent d’appréhender l’écologie globale d’un territoire et de créer du lien entre connaissance scientifique, mobilisation des habitants et gestion des espaces (y compris agricoles).
Les pollinisateurs sont souvent réduits aux seules abeilles domestiques. Pourtant, la pollinisation repose sur une grande diversité d’insectes : abeilles sauvages, papillons, mouches, syrphes, coléoptères… Leur présence dépend directement de la qualité des habitats et des ressources que l’on y trouve : diversité florale, continuités écologiques, lieux de nidification, absence de pollution lumineuse ou chimique…
Travailler sur les pollinisateurs permet donc d’interroger le fonctionnement écologique global d’un territoire. Dans un ABC, ils peuvent devenir un fil conducteur pour :
L’intérêt des pollinisateurs dans un ABC ne se limite pas aux inventaires naturalistes. Lors de la phase de diagnostic, ils permettent d’explorer différents milieux et mettre en lumière des continuités écologiques mais aussi des ruptures dans le paysage (absence ou présence de haies champêtres, par exemple).
Ils constituent également un excellent support de mobilisation. Les sciences participatives autour des papillons, des abeilles sauvages ou des insectes floricoles permettent d’impliquer habitants, écoles, associations ou agriculteurs dans la démarche. Cette dimension pédagogique contribue à ancrer localement l’ABC.
Enfin, ces démarches peuvent nourrir le plan d’actions de la collectivité pour des projets favorables aux pollinisateurs :

© Lucile Rougier_CC BY-NC-SA 4.0
De nombreuses ressources peuvent être mobilisées dans le cadre d’un ABC pour intégrer les pollinisateurs : protocoles de sciences participatives, guides de gestion écologique, retours d’expérience de collectivités, cartographies d’habitats, outils de sensibilisation, suivis naturalistes…
D’autre part, les Plans Nationaux d’Action et leurs déclinaisons régionales peuvent être de bon conseil et accompagner les porteurs de projets dans la réflexion et la mise en place des ABC.
Les Atlas de la biodiversité communale constituent la première marche d’un engagement de long terme en faveur du vivant, à prolonger dans le cadre d’une démarche Territoires engagés pour la nature (TEN).
L’ABC permet en effet d’identifier les enjeux écologiques locaux, de construire une première dynamique collective autour de la biodiversité et de bâtir un plan d’actions. Le programme TEN intervient pour faciliter la mise en œuvre concrète de ce plan d’actions, via un appui en ingénierie et une mise en réseau des territoires engagés.