Observer les insectes pollinisateurs, recenser les papillons de son jardin, photographier les visiteurs d'une fleur pendant vingt minutes : ces gestes sont réalisés par des milliers de personnes à travers la France dans le cadre de programmes de sciences participatives et permettent de mesurer l’évolution des populations d’insectes.
Accessibles sans expertise préalable pour certains, ces protocoles permettent notamment de collecter des données utiles à la recherche scientifique, à une échelle et sur une durée qu'aucune équipe de recherche ne pourrait atteindre seule.
Les sciences participatives constituent une entrée concrète et accessible pour agir en faveur des pollinisateurs. Plusieurs de ces protocoles peuvent être mobilisés par exemple dans le cadre d'un Atlas de biodiversité communale (ABC) ou pour suivre l’effet d’une gestion différenciée.
Menés dans le cadre d’actions de sensibilisation, ils contribuent à faire prendre conscience à chacun de son pouvoir d’agir en faveur de la biodiversité. Ils accompagnent également la découverte de la biodiversité locale, mettent par exemple en lumière certaines espèces moins connues du grand public.
Porté par l'association Noé et le Muséum national d'Histoire naturelle, l'Opération Papillons permet à chacun de recenser et compter 28 espèces de papillons de jour présents dans son jardin, sur son balcon ou dans un espace vert, quel que soit son niveau de connaissance.
Ce qu’il permet
Pour qui ?
Tout public
Pourquoi le mobiliser ?
C’est un bon point d’entrée pour sensibiliser différents publics, notamment parce que le protocole se concentre sur 28 espèces de papillons, ce qui le rend plus accessible. Il permet également de mieux prendre en compte les papillons dans la gestion d’un jardin.
Le petit plus :
L’attractivité des outils d’aide à l’identification et des outils pédagogiques mis à disposition.
La souplesse du programme qui n’impose ni fréquence ni période, un atout pour le mobiliser auprès d’un public scolaire.

Alexandre Turpain
Le STERF, pour Suivi Temporel des Rhopalocères de France, est un programme de sciences participatives lancé en 2005. Il s’inscrit dans le European Butterfly Monitoring Scheme, qui fédère les programmes de suivis standardisés de papillons dans les pays d’Europe et coordonne la gestion des données collectées. Il est coporté par le Muséum national d’Histoire naturelle, l’Opie et l’Office français de la biodiversité.
Ce qu’il permet
Pour qui ?
Pour des gestionnaires de milieux naturels et/ou un public déjà connaisseur, car une capacité à identifier les principales espèces de papillons est préférable.
Pourquoi le mobiliser ?
Pour contribuer à des données robustes, comparables dans le temps et à grande échelle mais aussi valoriser la gestion d’un espace naturel et mieux prendre en compte les papillons de jour dans les plans de gestion (plantes nourricières…).
Le petit plus :
La possibilité d’améliorer ses connaissances via un protocole engageant sur le long terme, qui permet une implication dans un réseau animé par le MNHN.
Une plateforme de saisie qui permet d’avoir une cartographie de ses transects
Bénédicte Maurouard
Le Protocole Papillons Gestionnaires, lancé en 2009 et co-élaboré par le Muséum national d'Histoire naturelle et l'association Noé, s’adresse directement aux professionnels qui gèrent des espaces verts, qu'il s'agisse de collectivités, d'entreprises…
Ce qu’il permet
Pour qui ?
Pour les gestionnaires d’espaces verts.
Pourquoi le mobiliser ?
C’est un outil d’aide à la décision pour adapter ses pratiques en faveur des pollinisateurs et plus largement de la biodiversité. Il permet de monter rapidement en compétences et d’orienter le choix de la palette végétale avec les plantes nourricières.
Le petit plus :
Il est réalisable sans expertise entomologique approfondie et est accompagné d'outils dédiés : livret d’accompagnement au protocole, fiches de terrain, guide d'identification et possibilité de bénéficier d'une demi-journée de formation à la mise en place du protocole.
Le protocole papillons de l’Observatoire Agricole de la Biodiversité (OAB) propose un suivi simple, directement réalisable sur le terrain, pour mieux comprendre la biodiversité ordinaire en milieu agricole.
Porté par le ministère en charge de l’agriculture et coordonné par le Muséum national d’Histoire naturelle, ce dispositif s’appuie sur des partenariats (Université de Rennes 1, laboratoire LADYSS du CNRS) et un appui de l’Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture pour l’animation nationale.
A noter : l’OAB propose d’autres protocoles (abeilles sauvages, vers de terre, invertébrés, chauve-souris)
Ce qu’il permet
Pour qui ?
Agriculteurs et agricultrices
Pourquoi le mobiliser ?
Le protocole OAB constitue une porte d’entrée accessible pour intégrer la biodiversité dans les pratiques agricoles, en permettant d’observer, comprendre et ajuster ses actions à partir de données simples.
Le petit plus
Connecter le monde agricole aux enjeux de biodiversité, incluant les lycées agricoles
Les ressources mises à disposition (Guide d’identification, quizz d’entrainement à la reconnaissance, cycle de vie, webinaire)
Lépinoc cible les papillons de nuit, des pollinisateurs nocturnes encore peu suivis. Il est développé par l'association Noé en partenariat avec des experts du Muséum national d'Histoire naturelle ainsi que des spécialistes en numérique et intelligence artificielle.
Il repose sur un dispositif qui combine :
Attraction lumineuse des papillons
Capture photographique
Identification par une combinaison d'intelligence artificielle et d'expertise humaine, ce qui rend le programme accessible sans connaissances spécifiques.
Ce qu’il permet
Pour qui ?
Tout public
Pourquoi le mobiliser ?
Pour contribuer à la connaissance de ces espèces et avoir en tête la dimension nocturne dans ses pratiques, mais également pour en savoir plus sur le rôle largement sous-estimé de ces pollinisateurs nocturnes et peu pris en compte.
Le petit plus
Les observations s’effectuent de fait le soir, un moment où les personnes sont potentiellement plus disponibles.
Le Spipoll (Suivi photographique des insectes pollinisateurs) propose une approche originale : observer non pas une espèce, mais les interactions entre les plantes et ces insectes, ainsi qu’entre les insectes eux-mêmes. Le protocole consiste à photographier pendant 20 mn tous les insectes visitant une même fleur.
Ce qu’il permet
Pour qui ?
Tout public. Une déclinaison dédiée au public scolaire est par ailleurs disponible sur Vigie Nature.
Pourquoi le mobiliser ?
Pour aller au-delà du recensement d’espèces et se pencher sur les interactions avec les fleurs et les autres insectes.
Le petit plus
Le réseau de bénévoles très dynamique, les clés d’identification disponibles en ligne, l’animation du réseau importante, avec des publications régulières. Dans sa déclinaison pour le milieu scolaire, ce protocole peut permettre de faire du lien avec les programmes.

Hugues Mouret
Le programme Bugs Matter propose une approche très simple et originale : mesurer les impacts d’insectes volants sur la plaque d’immatriculation d’un véhicule, en la prenant tout simplement en photo avant et après un trajet.
Développé en Angleterre par l'organisation Buglife et le Kent Wildlife Trust, il est déployé en France sous le nom "Bugs Matter : les insectes, ça compte !", coporté par l'association Noé, l’Opie et le Museum nationale d’histoire naturelle.
Ce qu’il permet
Pour qui ?
Tout public
Pourquoi le mobiliser ?
Parce qu’il permet une participation massive, avec un effort limité
Le petit plus
L’originalité du protocole, qui a su mettre à profit un impact plutôt négatif pour obtenir des données utiles et à grande échelle