Face à l’effondrement des insectes pollinisateurs, l’Union européenne a lancé un nouveau dispositif : EUPoMS (European Union Pollinator Monitoring Scheme). Derrière cet acronyme se cache un dispositif de suivi standardisé des pollinisateurs à l’échelle européenne, dont la mise en œuvre est prévue à partir de 2027.
EUPoMS établit un cadre scientifique commun pour permettre aux États membres de l’Union européenne de mesurer de façon harmonisée l’abondance, la diversité et l’évolution des populations d’insectes pollinisateurs avec par la suite l’objectif de mieux orienter les politiques publiques et les actions de terrain.
Ce dispositif s’inscrit dans le cadre du Règlement européen sur la restauration de la nature, adopté en 2024 par la Commission, qui prévoit notamment une obligation de mettre en œuvre des mesures visant à renverser le déclin des pollinisateurs d’ici 2030 puis d’obtenir une tendance à l’augmentation.
Concrètement, EUPoMS vise à :
En Europe, il existe une très grande diversité d’insectes pollinisateurs. Cependant, les capacités actuelles étant limitées, EUPoMS concentre son champ d’application sur quatre groupes : abeilles, syrphes, papillons de jour et papillons de nuit.
Les pollinisateurs sont essentiels. Ils remplissent des rôles cruciaux pour la vie sauvage qui nous entoure et la sécurité alimentaire, notamment en assurant la pollinisation de nombreuses cultures et plantes sauvages. Cependant, leurs populations s’effondrent, sous l’effet du changement d’usage des terres avec la destruction et le morcellement des habitats, de l’artificialisation des sols, des pollutions, des espèces exotiques envahissantes, du changement climatique, de la surexploitation des ressources.
Sans un suivi commun, chaque pays mesure différemment, ce qui rend difficile l’évaluation des actions et l’orientation des politiques de conservation. Disposer de données fiables et comparables à l’échelle européenne contribue à mettre en place des mesures adaptées et à avoir une vision claire des progrès accomplis.
Pour les gestionnaires, collectivités, associations ou professionnels, ce suivi est une clé essentielle pour passer d’actions isolées à une stratégie collective fondée sur des données fiables.

Le calendrier officiel prévoit que tous les États membres mettent en place le dispositif EUPoMS d’ici le printemps 2027.
En France, il est prévu de déployer 120 sites de suivi, qui doivent être représentatifs de l’ensemble du territoire national . Pour assurer cela, ces sites font l’objet d’une sélection par échantillonnage aléatoire au sein de trois types d’écosystèmes (agricoles, forestiers et “autres”) sur tout le territoire. Les États membres peuvent aussi sélectionner ou exclure exceptionnellement des sites en fonction d’autres critères (sites de suivi pré-établis remplissant toutes les conditions, sites très difficiles d’accès, etc.).
En France, un projet appelé PREPOLL (PRÉfiguration du suivi européen des POLLinisateurs) a été lancé fin 2024 pour accompagner la mise en place de EUPoMS et évaluer les contraintes liées à la mise en place des protocoles de suivi des abeilles sauvages et syrphes.
Ce projet a pour objectif :
Le tout sur 30 sites en Auvergne-Rhône-Alpes et dans le Grand Est, dans des milieux liés à une activité agricole car ils sont à fort enjeu, représentent 50 % du territoire métropolitain et n’avaient pas fait l’objet de tests en vue de l’élaboration de EUPoMS. Le projet s’appuie sur les compétences d’un consortium déjà implanté sur les régions concernées (Arthropologia, Société Lorraine d’Entomologie, Sorbonne Université et Opie).
Le projet THALERA, projet équivalent à PREPOLL porté par Réserves Naturelles de France (RNF) et Oreina, vise à tester le protocole de référence pour les papillons nocturnes.
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